L'angleterre et ce qui s'y rapporte
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Date de création : 30.04.2010
Dernière mise à jour :
01.05.2010
54 articles
MÊME ceux qui n’ont jamais mis les pieds en Angleterre le reconnaissent. Chaque année, des milliers de touristes viennent l’admirer. Chaque jour, des Londoniens le traversent sans un regard ni une pensée pour son origine... Le Tower Bridge (le “ Pont de la Tour ”) est l’une des plus célèbres attractions de Londres.
À ne pas confondre avec son voisin le London Bridge (le “ Pont de Londres ”), le Tower Bridge a un lien avec la Tour de Londres toute proche. Lequel ? Lorsqu’en 1872 un projet de loi autorisant la construction d’un nouvel ouvrage d’art sur la Tamise a été soumis au Parlement, le gouverneur de la Tour s’y est opposé. Le Parlement a quand même approuvé le projet, pourvu que son architecture soit du même style que la Tour. Ainsi a germé l’idée du “ Pont de la Tour ” que l’on connaît aujourd’hui.
Au XVIIIe et au XIXe siècle, de nombreux ponts enjambaient la Tamise. Le plus fameux était celui qu’on appelle l’Old London Bridge (le “ Vieux Pont de Londres ”). En 1750, c’était un pont vétuste, toujours engorgé, tandis que sous ses arches des navires de toutes les mers du monde se bousculaient pour se ranger dans le port saturé. Tant de bateaux s’agglutinaient dans les bassins qu’on pouvait, paraît-il, marcher des kilomètres à pied sec en passant de l’un à l’autre.
Sollicité par la Corporation de Londres, l’urbaniste Horace Jones a proposé la construction d’un pont basculant, en aval du London Bridge. Ce pont laisserait passer les bateaux remontant le fleuve jusqu’aux docks. Sa conception a intégré une caractéristique dont beaucoup ont salué l’originalité.
Une conception hors du commun
Horace Jones avait beaucoup voyagé. L’idée d’un pont basculant à contrepoids lui avait été inspirée par les petits ponts à bascule jetés sur les canaux des Pays-Bas. La fameuse silhouette du Tower Bridge est née sous les crayons de ses architectes, qui ont fait appel à une technique à la mode utilisant une structure métallique habillée d’une maçonnerie.
Ce pont s’orne de deux tours de style néogothique reliées dans leur partie supérieure par une double passerelle courant à 34 mètres au-dessus du tablier, mais à 42 mètres au-dessus du niveau supérieur moyen du fleuve. Les travées venant des deux rives mènent à deux bascules à contrepoids, gigantesques abattants de 1 000 tonnes chacun, relevables jusqu’à un angle de 86 degrés. Des bateaux de 10 000 tonneaux passent dessous sans problème.
L’énergie motrice des bascules
Les bascules, les ascenseurs vers les passerelles et même la signalisation fonctionnaient à l’énergie hydraulique. Oui, c’était l’eau qui faisait marcher le pont ! Et elle fournissait de l’énergie en abondance : deux fois plus que nécessaire.
Installées sous la voie d’accès sud du pont, quatre chaudières à charbon alimentaient en vapeur deux énormes pompes, à une pression de cinq à six kilos par centimètre carré. Ces pompes envoyaient de l’eau à une pression de 60 kilos par centimètre carré. Pour assurer en permanence l’énergie nécessaire au levage des bascules, l’eau sous pression était stockée dans six gros réservoirs, qui approvisionnaient en tout huit moteurs. Quand on enclenchait le mécanisme, les bascules à contrepoids pivotaient sur leurs axes de 50 centimètres de diamètre. L’opération durait à peine une minute.
Le Tower Bridge au XXIe siècle
Aujourd’hui, l’électricité a remplacé la vapeur. Mais, comme jadis, l’ouverture du Tower Bridge interrompt la circulation routière. La manœuvre enchante piétons, touristes et autres usagers.
Une sonnerie retentit, des barrières s’abaissent pour fermer les chaussées, le dernier véhicule achève de traverser, puis les contrôleurs signalent que la voie est dégagée. Sans un bruit, les quatre verrous des bascules s’ouvrent, et celles-ci se dressent vers le ciel. L’attention se porte alors vers l’eau. Tous les yeux suivent le passage de l’embarcation — remorqueur, yacht, grand voilier, peu importe. Quelques minutes plus tard, les signaux s’inversent. Les bascules redescendent, les barrières se relèvent. Les cyclistes s’élancent pour traverser avant les automobiles. Encore quelques secondes, et le Tower Bridge retrouve son calme, jusqu’au prochain bateau qui le réveillera !
Observer le train-train du Tower Bridge... c’est bien, mais le passionné n’en reste pas là ! Il prend l’ascenseur-navette de la tour nord, au sommet de laquelle il découvre, enthousiasmé, l’histoire du pont retracée en détail avec des automates, la “ Tower Bridge Experience ”. Des toiles de peintres font revivre les débuts du pont — exploits techniques, inauguration fastueuse — tandis que des photographies sépia et des écrans mettent en lumière ses attraits.
Les passerelles haut perchées offrent au flâneur un splendide panorama des toits de la capitale. À l’ouest se profilent la cathédrale Saint-Paul et les banques du quartier financier avec, plus loin, la Post Office Tower (la “ Tour de la Poste ”). À l’est, on s’attend peut-être encore à apercevoir les docks, mais ils ont migré très en aval de la métropole moderne. On distingue plutôt un secteur en pleine rénovation urbaine, les Docklands, aux constructions surprenantes d’innovation. Spectaculaire, fascinante, étonnante, oui, tous ces adjectifs qualifient à merveille la vue qu’offre l’illustre Tower Bridge !
Si vous passez par Londres, venez donc voir de près ce monument historique, ce chef-d’œuvre de mécanique ! Vous en garderez un souvenir impérissable !
Le pudding en été, est un dessert britannique fait de tranches de pain blanc disposées en couches, avec du jus et/ou des fruits, comme des framboises, des fraises, des groseilles, des cerises ...etc.
Il est plus facile de le préparer si le pain est dur, car le jus est mieux imprégné.
Il peut se servir avec de la chantilly.
Le crumble, en général aux fruits est un gâteau d’origine britannique composé d’une couche de fruits dans le fond du plat, et d’une couche de pâte à l’apparence émiettée d’où le nom : en anglais to crumble signifie « tomber en miettes ». Ce gâteau est préparé au four.
Outre les fruits, les ingrédients sont dans l’ordre décroissant de quantité : farine, sucre (cassonade), beurre, pincée de sel.
Un plat salé similaire peut être réalisé avec de la viande de bœuf ou de mouton. Dans ce cas, la recette ne comporte pas de sucre.
On peut aussi cuisiner ce plat avec des courgettes, du bacon et du parmesan. La pâte est alors au parmesan, à la farine, à la chapelure, avec une once de paprika et une gousse d'ail écrasée.
La Clotted cream (connu aussi sous le nom de Devonshire cream ou Devon cream) est une sorte de crême fraîche épaisse obtenue en faisant chauffer du lait de vache non pasteurisé et en le laissant reposer plusieurs heures.
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Cette crême est utilisée à l'heure du thé dans le Royaume-Uni pour accompagner les scones.
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Le scone est un petit pain britannique, ou cake lorsque la recette inclut du sucre, d'origine écossaise.
Les scones britanniques sont le plus souvent légèrement sucrés, mais peuvent également être salés. Ils contiennent fréquemment des raisins, groseilles, fromage ou dattes.
JAMES COOK. Pour beaucoup, ce nom n’évoque rien. Mais en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Hawaii et dans les îles du Pacifique, tous les écoliers ont entendu parler du capitaine Cook, comme tous les petits Français connaissent Christophe Colomb.
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C’est indéniablement en Australie, l’île-continent du Pacifique Sud, et en Nouvelle-Zélande que l’explorateur maritime est le plus connu, car son nom y est omniprésent. En outre, la version originale de l’“Advance Australia Fair”, devenu en 1974 l’hymne australien, chante les louanges de l’intrépide capitaine.
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L’homme
James Cook est un enfant de la campagne. Il naît en Angleterre, dans le Yorkshire, en octobre 1728. De son enfance, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’il aurait acquis un peu d’instruction à l’école (elle existe toujours) d’Ayton. Plus tard, il entre comme apprenti chez un épicier du port de pêche de Staithes. Là, acclimaté à l’air marin, il s’oriente vers le commerce du charbon et apprend la navigation en cabotant le long des côtes venteuses de la mer du Nord.
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Les navires charbonniers ne constituent pas la seule préparation de James Cook à ses voyages futurs. À terre, il continue d’étudier les mathématiques et, en 1755, il s’engage dans la marine britannique. Bien qu’ayant servi en mer, il se fera un nom surtout par ses cartes terrestres et marines de Terre-Neuve, de la Nouvelle-Écosse et du Labrador.
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La scène mondiale en 1769
En 1763, la Grande-Bretagne devient la première puissance coloniale et commerciale du monde. Après deux siècles de guerres sporadiques, elle a vaincu l’Espagne, la Hollande et la France, cette dernière ayant essuyé de terribles défaites. C’est une période de bouleversements. Les progrès scientifiques font reculer rapidement les superstitions et suscitent une formidable soif de connaissance. Les méthodes de navigation ont beaucoup évolué, elles aussi. La marine britannique et les milieux scientifiques cherchent désespérément un navigateur doublé d’un savant pour mener une expédition dans le Pacifique. C’est à James Cook qu’échoit cette mission difficile.
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Premier voyage
Les instructions que James Cook reçoit pour son premier voyage (1768-1771) sont les suivantes: “la découverte de pays inconnus et la connaissance de contrées lointaines déjà découvertes mais imparfaitement explorées”. Il lui est encore stipulé qu’“il y a des raisons de penser qu’un continent ou une terre très étendue existe au sud” et qu’il a charge de “naviguer vers le sud pour [le ou la] découvrir”. En premier lieu, cependant, il doit observer le passage de Vénus devant le soleil; peut-être pourra-t-on ainsi déterminer avec exactitude la distance séparant la terre du soleil. C’est à Tahiti qu’il devra réaliser ses observations.
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Ce premier voyage durera trois ans moins 43 jours. À son retour, James Cook a plus que rempli sa mission. Il a mouillé dans la célèbre Botany Bay, à quelques milles seulement au sud de la splendide rade de Sydney, qui ne sera découverte que plus tard. Il a également effectué le tour complet des deux îles de la Nouvelle-Zélande, et il est le premier Européen à avoir relevé la côte est de l’Australie. Bien sûr, il n’a pas trouvé l’immense continent austral dont on suppose l’existence.
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Deuxième voyage
Pour sa deuxième expédition (1772-1775), Cook se voit confier le commandement de deux vaisseaux, le Resolution et l’Adventure. Ce second voyage de circumnavigation réussi le mènera à proximité de l’Antarctique et dans certaines régions vides du Pacifique Sud. Mais les températures négatives et les vents mordants qu’il endure pendant plusieurs mois le convainquent que l’énigmatique continent austral n’existe pas. Son équipage, épuisé, est heureux de quitter les mers glacées pour retourner à Tahiti.
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Le deuxième voyage de Cook est un succès complet, qui restera dans les annales de l’Histoire. Dans son livre L’impact décisif (angl.), Alan Moorehead écrit: “À la fin du mois de juillet 1775, ils jetèrent l’ancre à Plymouth. Ils étaient partis depuis trois ans et 18 jours. Alors qu’ils avaient couvert plus de 20 000 lieues [60 000 milles marins], soit trois fois la circonférence de la terre, Cook n’avait perdu que quatre hommes (...). Ce voyage lui valut d’être reconnu comme l’un des plus grands navigateurs de tous les temps.”
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Troisième voyage: le malheur
La troisième expédition vise à reconnaître la côte Pacifique du Canada et à chercher le supposé passage du nord-ouest reliant le Pacifique à l’Atlantique par l’océan Arctique. Ce sera le dernier voyage du capitaine Cook. Le 12 juillet 1776, il quitte l’Angleterre sur le Resolution, remis en état, prenant également avec lui le Discovery. Le 18 janvier 1778, il tombe sur ce qui est maintenant les îles Hawaii, où ses hommes et lui sont accueillis avec hospitalité. Après s’être ravitaillés dans ces îles magnifiques, ils cherchent tout l’été un passage vers l’Atlantique. En vain. Ils rentrent alors à Hawaii pour y passer l’hiver.
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Les historiens sont partagés sur les raisons d’un apparent changement de comportement de la part de James Cook à partir de ce moment-là. Des zones d’ombre demeurent sur sa manière d’agir envers les Hawaïens après son retour. A-t-il commencé à les exploiter cruellement? Aurait-il violé leurs traditions religieuses? Quoi qu’il en soit, c’est là qu’il mourra, le 14 février 1779.
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Dans quelles circonstances? À leur arrivée dans la baie de Kealakekua, le 17 janvier, 10 000 Hawaïens saluent les explorateurs. Les insulaires célèbrent le makahiki, une fête en l’honneur de Lono, le dieu de l’endroit. Il semble qu’ils prennent Cook pour cette divinité, si bien que lui et ses hommes sont à nouveau l’objet d’une bonté et d’une hospitalité extraordinaires. Trois semaines passent, puis, le 4 février, le capitaine Cook lève l’ancre et met à la voile. Or, seulement quatre jours plus tard, il essuie un violent coup de vent, qui prive le Resolution d’un de ses mâts. Cook rentre à Hawaii.
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À sa grande surprise, l’accueil est, cette fois-ci, hostile. Peut-être les Hawaïens ont-ils entre temps réfléchi plus rationnellement pour en conclure que Cook et ses hommes les exploitent; à moins que le retour du capitaine ne s’accorde pas à leurs yeux avec sa qualité de “dieu”. Toujours est-il que, malheureusement, les hommes de Cook, perplexes, réagissent violemment. En représailles, une chaloupe du Discovery est volée. Pour la récupérer, Cook essaie de prendre en otage le chef, Kalaniopu’u, et c’est l’affrontement. Cook est poignardé, puis battu à mort sur la plage.
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Le journal de l’aspirant de marine George Gilbert, membre de l’équipage du Resolution, décrit avec force détails les derniers instants de James Cook: “Le capitaine Cook n’avait pas sitôt atteint le rivage et fait signe de la main aux bateaux de cesser le feu qu’un des chefs, plus hardi que le reste, se glissa derrière lui et le frappa entre les épaules de sa dague d’acier. À cet instant, un autre lui assena un coup de gourdin sur la tête, qui le fit tomber dans l’eau. Ils bondirent immédiatement sur lui et lui maintinrent la tête sous l’eau pendant quelques minutes. Après quoi ils le traînèrent sur les rochers, contre lesquels ils lui frappèrent la tête plusieurs fois; de sorte qu’il expira sans aucun doute rapidement.”
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Changement de personnalité
Apparemment, le comportement de James Cook commença à changer lors de son troisième voyage. Il perdit le calme et la maîtrise de soi qui avaient été les siens lors de ses deux précédentes expéditions dans les mers du Sud. Au cours de ce dernier voyage, il fouetta plus d’un tiers de ses hommes d’équipage, près de deux fois plus que pendant le premier. En outre, il agit avec moins d’humanité envers les insulaires polynésiens. Ainsi, par calcul, il fit incendier des maisons et détruire des pirogues sur l’île tahitienne d’Eimeo sous prétexte qu’une chèvre pleine avait été volée. Il fit même couper les oreilles d’insulaires pris en train de commettre de petits larcins. Était-il malade, fatigué, ou tout simplement cruel?
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L’héritage des voyages de Cook
Dans son livre Le capitaine James Cook et son temps (angl.), le professeur Bernard Smith émet l’avis selon lequel “Cook ne fut un découvreur de nouvelles terres dans aucune des acceptions fondamentales du terme”. Il n’a peut-être pas tort, dans la mesure où la plupart des régions qu’il vit étaient déjà habitées. Néanmoins, Grenfell Price écrit: “L’achèvement de la carte muette du Pacifique grâce à la découverte de l’immense littoral oriental de l’Australie, au tracé de la Nouvelle-Zélande et à l’examen de grandes portions de la côte nord-américaine; la découverte d’îles entièrement inconnues, comme Hawaii et la Nouvelle-Calédonie; et, enfin, la redécouverte et la localisation précise d’autres archipels — telles sont les contributions remarquables qu’il apporta à la géographie. Cook est le navigateur qui a, à proprement parler, découvert (...) le continent antarctique. Dans l’Arctique, il confirma l’existence du détroit découvert par Béring.” Les cartes terrestres et marines du capitaine Cook ont été utilisées encore longtemps après que sa tête de mât eut disparu de l’horizon du Pacifique.
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Malheureusement, James Cook a aussi laissé dans son sillage les maladies vénériennes, la violence par les armes à feu, la décimation de la faune antarctique et l’exploitation des insulaires du Pacifique. À propos des découvertes du navigateur en Antarctique, Alan Moorehead écrit: “Une fois encore, Cook devait apporter le malheur. Il était tombé sur ce qui était probablement la plus grande population d’animaux sauvages du globe, et il fut le premier à en révéler l’existence au monde. (...) L’incursion de Cook à Tahiti et en Australie avait été très dommageable pour les indigènes; pour les animaux de l’Antarctique, ce fut un holocauste.”
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Se basant sur les cartes marines et le rapport détaillés de James Cook, chasseurs et flottes baleinières se ruèrent à la curée. “Le massacre dura jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à tuer, ajoute l’auteur, rien du moins qui pût l’être facilement ou qui eût été d’un bon rapport.”
Le “ Père Tamise ” cher aux Anglais naît de quatre sources au cœur des collines verdoyantes des Cotswolds, dans le centre-sud de l’Angleterre. Grossi par quelques rivières, ce fleuve plutôt court (350 kilomètres) serpente vers l’est jusqu’à la mer du Nord où il s’évase en un estuaire large de 30 kilomètres. Au fil de son eau se mêle étonnamment le fil de l’histoire du pays...
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ROBERT HOOKE, en qui ses contemporains voyaient “ l’homme le plus inventif de tous les temps ”, est aujourd’hui salué comme le Léonard de Vinci anglais. Né en 1635, Hooke fut nommé en 1662 conservateur des expérimentations à la Société royale de Londres, dont il devint le secrétaire en 1677. Il mourut en 1703. Malgré la renommée scientifique qui fut la sienne, sa dépouille repose dans une tombe inconnue, quelque part dans le nord de Londres.
Ces dernières années, des chercheurs et des historiens se sont évertués à réparer les torts faits à la réputation de ce “ génie oublié ”, comme l’appelle Stephen Inwood, auteur d’une biographie de Hooke. En 2003, pour marquer le tricentenaire de sa mort, l’observatoire royal de Greenwich, à Londres, a exposé certaines de ses inventions et de ses découvertes extraordinaires. Qui était Robert Hooke ? Pourquoi l’a-t-on presque oublié pendant si longtemps ?
Le legs de Hooke
Hooke était un homme instruit et un inventeur brillant. Parmi ses nombreuses inventions citons le joint universel (utilisé aujourd’hui dans les moteurs automobiles), le diaphragme à iris (qui règle le diamètre d’ouverture des appareils photo) et le régulateur pour le balancier des montres. Il a formulé la “ loi de Hooke ”, une équation dont on se sert encore pour exprimer l’élasticité des ressorts. Il a en outre mis au point une pompe à air pour Robert Boyle, éminent physicien et chimiste britannique.
Mais une de ses réalisations les plus remarquables a été son dessin d’un microscope composé, qui sera construit par Christopher Cock, grand fabricant d’instruments à Londres. Plus tard, Hooke a été le premier à utiliser le mot “ cellule ” pour décrire les alvéoles du liège qu’il a examinées à travers son instrument. Le terme “ cellule ” désignera par la suite les composants de base des êtres vivants.
Son livre intitulé Micrographie (“ Petits dessins ”, angl.), publié en 1665, l’a vite rendu célèbre. Il contenait des dessins précis et de toute beauté réalisés par Hooke lui-même et qui représentaient des insectes tels qu’il les avait vus sous son microscope. Sa gravure la plus connue est celle d’une puce. Elle mesure 45 centimètres de long sur 30 de large et y sont reproduites les griffes, les épines et la carapace de l’insecte. Les lecteurs de la haute société de l’époque ont été choqués d’apprendre que ces petites bêtes élisaient domicile sur l’homme. On raconte que les dames se pâmaient à la vue de cette image !
Se servant d’un microscope, Hooke a comparé la pointe d’une aiguille fabriquée par l’homme avec des équivalents pris dans la nature. Voici ce qu’il a observé : “ Le microscope nous fait découvrir des centaines d’exemples de pointes qui sont des milliers de fois plus fines ” que celles d’une aiguille. Il a cité les poils, les soies et les griffes des insectes, ainsi que les épines, les crochets et les poils des feuilles de végétaux. Ces “ œuvres de la Nature ”, pensait-il, proclament l’omnipotence de leur Créateur. “ Pour la première fois ”, déclare l’Encyclopædia Britannica, le microscope révélait “ un univers où les organismes vivants présentaient une complexité à peine croyable ”.
Hooke a été le pionnier dans l’examen des fossiles au microscope ; ses observations l’ont amené à conclure qu’il s’agissait de restes ou de traces d’organismes morts depuis longtemps. Micrographie contenait de nombreuses autres observations scientifiques fascinantes. Au point que l’éminent chroniqueur Samuel Pepys, contemporain du savant, a qualifié Micrographie d’‘ ouvrage le plus ingénieux qu’il ait jamais lu ’. Pour Allan Chapman, historien des sciences à l’université d’Oxford, “ ce livre compte parmi ceux qui ont influencé le monde moderne ”.
La reconstruction de Londres
Après le grand incendie de Londres survenu en 1666, Hooke a travaillé à la reconstruction de la ville à titre de géomètre, de concert avec son ami Christopher Wren, scientifique et architecte du roi. Parmi les nombreux plans de Hooke, mentionnons celui du “ Monument ” qui commémore la catastrophe. Hooke voulait se servir de cette colonne de plus de 62 mètres, la plus haute colonne solitaire en pierre qui existe dans le monde, pour éprouver ses théories sur la gravitation.
Bien que l’Observatoire royal de Greenwich soit attribué à Wren, Hooke a joué un grand rôle dans sa conception. Il a aussi dessiné la Montagu House, le premier bâtiment qui a abrité le British Museum.
Hooke était un astronome hors pair. Il a été l’un des premiers à construire un télescope à miroirs, auquel il a donné le nom du mathématicien et astronome écossais James Gregory. Au cours de ses recherches, il a remarqué que Jupiter tournait sur son axe ; et il a réalisé des croquis de Mars qui serviraient deux siècles plus tard à déterminer la vitesse de rotation de cette planète.
Pourquoi est-il tombé dans l’oubli ?
En 1687, Isaac Newton a publié Principes mathématiques de la philosophie naturelle. Paru 22 ans après Micrographie, ce livre décrivait les lois du mouvement, notamment celle de la gravitation. Mais, comme le fait observer Allan Chapman, Hooke “ avait défini une bonne partie des éléments de la théorie de la gravitation avant Newton ”. Les recherches de Newton sur la nature de la lumière ont elles aussi été inspirées par les travaux de Hooke.
Malheureusement, les relations entre les deux hommes se sont gâtées en raison de différends qui les opposaient dans les domaines de l’optique et de la gravitation. Newton a même supprimé de ses Principes mathématiques les références à Hooke. Selon une autorité, il a aussi cherché à effacer des annales la mention de sa contribution à la science. De plus, les instruments de Hooke (fabriqués pour beaucoup à la main), certaines de ses notes et son seul portrait authentique ont disparu peu après que Newton est devenu président de la Société royale. En conséquence, le nom de Hooke a presque sombré dans l’oubli pour plus de deux siècles.
Paradoxalement, c’était dans une lettre à Hooke, datée du 5 février 1675, que Newton avait écrit ses fameuses paroles : “ Si j’ai vu plus loin que d’autres, c’est parce que je me suis hissé sur les épaules de géants. ” Architecte, astronome, expérimentateur, inventeur et géomètre, Robert Hooke fut un géant à son époque.
DE L’AVIS de tous, William Shakespeare est le plus brillant auteur dramatique de l’Histoire. Selon une encyclopédie (New Encyclopædia Britannica), “ beaucoup le considèrent comme le plus grand dramaturge de tous les temps. Aujourd’hui ses pièces sont jouées plus souvent et dans plus de pays que celles de tout autre auteur dramatique ”. Elles ont été traduites en plus de 70 langues.
Concernant la paternité de l’œuvre monumentale qui lui est attribuée, on lit dans The World Book Encyclopedia : “ Aucun grand spécialiste de Shakespeare ne doute qu’il ait écrit ces pièces et ces poèmes. ” Affirmation que d’autres contestent pourtant. Pourquoi ?
Né à Stratford-upon-Avon en 1564, Shakespeare est mort 52 ans plus tard, en 1616. On a produit à son sujet un nombre incalculable de livres, dont plusieurs après des années de patientes recherches, dans le but de résoudre une seule et lancinante interrogation : William Shakespeare a-t-il oui ou non écrit les œuvres littéraires qui portent son nom ?
Des questions sans réponse
Les pièces de Shakespeare puisent dans un extraordinaire fonds d’expérience. Par exemple, il avait de bonnes notions de droit et il a fait un emploi impressionnant de termes et de précédents juridiques. En 1860, dans l’ouvrage Medical Knowledge of Shakespeare, sir John Bucknill a indiqué que Shakespeare avait une connaissance approfondie de la médecine. On peut en dire autant de son savoir sur la chasse, la fauconnerie et d’autres loisirs de plein air, ainsi que de l’étiquette de la cour. Il était “ l’écrivain qui savait tout ”, dit John Michell, biographe de Shakespeare.
Cinq naufrages sont évoqués dans les pièces de Shakespeare, et la façon dont sont utilisés les termes de navigation laisse penser que l’auteur était un marin accompli. Shakespeare avait-il voyagé à l’étranger ? Avait-il été enrôlé de force dans la marine ? A-t-il pris part à l’écrasement de l’Invincible Armada en 1588 ? Une seule réponse positive appuierait l’idée qu’il fut l’auteur de ces pièces, mais on ne trouve rien qui étaie ces suppositions. Il en va de même de sa maîtrise des questions militaires et du langage des fantassins.
Une multitude de citations bibliques émaillent ses œuvres. Peut-être les tenait-il de sa mère, mais on n’est pas sûr qu’elle ait su lire et écrire. Cela nous amène à la question de l’instruction de Shakespeare.
Homme de lettres ?
John, le père de William, fut gantier, commerçant dans la laine, et peut-être boucher. C’était un citoyen respecté quoiqu’illettré. On ne dispose pas de listes d’élèves de la grammar school (lycée) de Stratford, mais la plupart des spécialistes pensent que le jeune William a fréquenté cet établissement. Des années plus tard, Ben Jonson, dramaturge et ami de William Shakespeare, affirma que celui-ci savait “ peu de latin et moins de grec ”, ce qui sous-entend peut-être que Shakespeare reçut une instruction rudimentaire.
Pourtant, l’auteur des pièces avait une solide connaissance des classiques grecs et latins ainsi que de la littérature — voire des langues — de France, d’Italie et d’Espagne. Il possédait également un vocabulaire très riche. Aujourd’hui, un citoyen anglais instruit utilise rarement plus de 4 000 mots dans la conversation courante. John Milton, poète anglais du XVIIe siècle, a employé quelque 8 000 mots dans ses œuvres. Or, un analyste attribue à Shakespeare un vocabulaire de pas moins de 21 000 mots !
Livres et manuscrits
Tous les biens de Shakespeare ont été soigneusement répertoriés dans son testament de trois pages. Il n’est pas question de livres ni de manuscrits. Ceux-ci ont-ils été légués à Susanna, sa fille aînée ? Si oui, ils ont forcément été transmis à ses descendants. Intrigué par ce mystère, un ecclésiastique du XVIIIe siècle a consulté toutes les bibliothèques privées dans un rayon de 80 kilomètres autour de Stratford-upon-Avon sans découvrir un seul livre ayant appartenu à Shakespeare.
Les manuscrits des pièces posent un problème encore plus épineux : il semble qu’il n’existe plus aucun des originaux. Trente-six pièces ont été publiées en 1623, sept ans après la mort de Shakespeare, dans une édition appelée premier in-folio (First Folio). De son vivant, de nombreuses éditions pirates avaient fait leur apparition, mais Shakespeare, en homme d’affaires avisé, n’était pas allé devant les tribunaux pour empêcher leur publication.
Londres, puis la gloire
L’Angleterre élisabéthaine était souvent sillonnée par des troupes d’acteurs itinérants, dont certains passèrent à Stratford-upon-Avon en 1587. Si Shakespeare s’est joint à eux, il a pu arriver à Londres vers l’automne de cette année-là. On sait qu’il est devenu membre de la plus grande compagnie théâtrale de Londres, les Comédiens du Chambellan (Lord Chamberlain’s Men), appelés plus tard les Comédiens du Roi (King’s Men). À partir de son arrivée dans la capitale, son sort changea. Au fil des années, il acquit des biens à Londres et à Stratford-upon-Avon. Mais on n’a aucun récit précis de ses faits et gestes entre 1583 et 1592, “ années perdues ” et bien gênantes.
Le théâtre du Globe fut construit à Southwark en 1599. Auparavant, les pièces portant le nom de Shakespeare étaient connues à Londres, et pourtant il ne devint jamais célèbre en tant qu’auteur de ces œuvres. À sa mort, on ne lui fit pas de grandes funérailles, alors que d’autres dramaturges, comme Ben Jonson et Francis Beaumont, furent inhumés en grande pompe dans l’abbaye Westminster de Londres.
Qui d’autre ?
Shakespeare a-t-il été un prête-nom qui masqua l’identité du véritable auteur, sinon de plusieurs auteurs ? Plus de 60 possibilités ont été suggérées. On a proposé le dramaturge Christopher Marlowe ou avancé des noms aussi inattendus que ceux du cardinal Wolsey, de sir Walter Raleigh, et même de la reine Élisabeth Ire. Lesquels, selon les théoriciens, méritent quelque intérêt ?
Le premier sur la liste est Francis Bacon, qui suivit les cours de l’université de Cambridge. De trois ans plus âgé que Shakespeare, il devint un éminent homme de loi et un fonctionnaire de la cour ; il composa également de nombreuses œuvres littéraires. En 1769 fut émise pour la première fois l’idée que les œuvres de Shakespeare étaient peut-être celles de Bacon, mais pendant 80 ans elle ne rencontra pas d’écho. En 1885, la Société de Bacon fut formée pour promouvoir cette cause. Depuis, de nombreux éléments ont été présentés pour étayer cette affirmation. Par exemple, Bacon a vécu à une trentaine de kilomètres au nord de Londres près de Saint Albans ; or, cette ville est nommée 15 fois dans les œuvres de Shakespeare, alors que le lieu d’origine de Shakespeare, Stratford-upon-Avon, n’est jamais mentionné.
Roger Manners, cinquième comte de Rutland, et William Stanley, sixième comte de Derby, ont tous les deux leurs partisans. Ils étaient des hommes instruits, très au fait de la vie à la cour. Mais pourquoi l’un ou l’autre aurait-il caché son travail ? Le professeur Pierre Porohovshikov, soutenant en 1939 l’hypothèse concernant le comte du Rutland, a écrit : “ Ses premières compositions ont été imprimées anonymement, et les autres sous un pseudonyme, parce qu’il n’était pas convenable qu’un pair écrive pour les théâtres ordinaires. ”
Selon d’autres, les pièces de Shakespeare ont été le produit d’une association d’auteurs ayant apporté chacun ses compétences. À moins que Shakespeare, acteur doué, n’ait arrangé et adapté pour la scène des pièces écrites par d’autres ? Il fut dit de lui qu’il n’a jamais ‘ biffé une ligne ’ dans ses manuscrits. Cela pouvait être vrai s’il mettait au point, avec de légères modifications, les textes d’autres auteurs qui lui étaient proposés.
Pour quelle raison principale certains doutent-ils que Shakespeare ait été l’auteur de telles œuvres ? Une encyclopédie (The World Book Encyclopedia) précise que les gens “ ne voulaient pas croire qu’un acteur de Stratford-upon-Avon ait pu les écrire. Le lieu d’origine banal et campagnard de Shakespeare ne cadrait pas avec l’image qu’ils se faisaient du génie qui avait écrit les pièces ”. Et d’ajouter que presque tous les autres personnages proposés comme auteurs réels “ étaient des membres de la noblesse ou de la haute société ”. Par conséquent, nombre de ceux qui doutent que Shakespeare ait été l’auteur sont convaincus que “ seul un homme instruit et raffiné, de rang social élevé, a pu écrire les pièces ”. Toutefois, comme nous l’avons dit plus haut, beaucoup de grands spécialistes de Shakespeare pensent qu’il a bel et bien écrit ce qu’on lui attribue.
Saura-t-on jamais le fin mot de l’histoire ? C’est peu probable. À moins que de nouveaux éléments ne viennent au jour sous forme de manuscrits originaux ou de faits concernant les années perdues, William Shakespeare, “ ce suprême génie du verbe ”, demeurera une énigme fascinante.
LA CHUTE d’une pomme, selon la tradition populaire, aurait permis à Isaac Newton de découvrir la loi de la gravitation universelle. Même si cette tradition ne reflète qu’une partie de la vérité, aucun doute ne plane sur les remarquables capacités de raisonnement de Newton, comme le montre cette citation à propos de son célèbre ouvrage scientifique Principia : “Toute la science moderne est partie de ce livre extraordinaire. Pendant plus de 200 ans il n’a connu aucun rival.”
Bien que ses découvertes scientifiques l’aient rendu célèbre, Newton reconnaissait humblement et modestement ses limites. En 1727, peu avant sa mort, il fit cette remarque : “Je ne sais pas à quoi je ressemble pour les autres, mais pour moi, je me fais l’impression de n’être qu’un petit garçon qui joue sur la plage, prenant plaisir à trouver de-ci de-là un galet un peu plus lisse, ou un coquillage un peu plus beau qu’à l’ordinaire, alors que les réalités que j’ignore s’étendent devant moi comme une mer immense.”
Newton considérait Dieu comme la Source de toute vérité. La dévotion profonde qu’il témoignait à son Créateur lui fit passer plus de temps à chercher le vrai Dieu qu’à faire des découvertes scientifiques. L’analyse de l’ensemble de ses écrits révèle que sur 3 600 000 mots, un million touchent à la science, alors que près de 1 400 000 mots se rattachent à des sujets religieux.
NEWTON COMBAT LA DOCTRINE DE LA TRINITÉ
Dans ses livres, Newton accorda beaucoup d’attention à la doctrine de la trinité. Une des contributions les plus importantes qu’il ait apportées à la recherche biblique de son temps fut son ouvrage (An Historical Account of Two Notable Corruptions of Scripture) sur l’histoire de la falsification manifeste de deux versets des Écritures, publié pour la première fois en 1754, vingt-sept ans après sa mort. Newton examinait toutes les preuves disponibles à partir des textes anciens concernant les deux passages bibliques suivants : I Jean 5:7 et I Timothée 3:16.
Dans la Version Autorisée (anglaise), utilisée par Newton, comme dans des versions françaises anciennes telles que la traduction d’Ostervald, le texte de I Jean 5:7 se lisait ainsi.
“Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, la Parole, et le Saint-Esprit ; et ces trois-là sont un.”
Newton recourut aux écrivains de l’Église primitive, aux manuscrits grecs et latins, et au témoignage des premières versions de la Bible pour démontrer que les mots “dans le ciel : le Père, la Parole, et le Saint-Esprit ; et ces trois-là sont un”, censés appuyer la doctrine de la trinité, n’existaient pas dans le texte original grec des Écritures inspirées de Dieu. Puis il révéla comment ce faux s’était glissé dans les versions en latin, d’abord sous forme de note marginale, puis dans le texte lui-même, et il prouva qu’il ne fut incorporé dans le texte grec qu’en 1515, par le cardinal Ximénès, sur la foi d’un manuscrit grec récent, corrigé d’après le latin. Enfin, après avoir examiné le sens du verset et son contexte, Newton conclut ainsi : “Voilà le sens normal et naturel, et l’argument dans toute sa plénitude et toute sa force ; mais si l’on introduit le témoignage ‘des trois dans le ciel’, on l’interrompt et on l’affaiblit.”
Son ouvrage traite aussi, mais moins longuement, du texte de I Timothée 3:16 où on peut lire ceci dans la version Ostervald : “Et certainement le mystère de piété est grand ; Dieu a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux gentils, cru dans le monde, et élevé dans la gloire.”
Newton démontra que l’on avait légèrement retouché le texte grec pour introduire le mot “Dieu” dans la phrase “Dieu a été manifesté en chair”. Il prouva que les premiers rédacteurs de l’Église qui utilisaient ce verset ignoraient tout de cette falsification.
Résumant ces deux passages, Newton écrivit : “Si, débattant de la décision à prendre sur le plus grand mystère de la religion, les églises anciennes ne savaient rien de ces textes, je ne vois pas pourquoi nous en serions si entichés à présent que le débat est clos.” Isaac Newton a achevé cette thèse voilà plus de deux siècles, mais il n’y a eu que des corrections de détail à apporter à ses arguments. Pourtant il a fallu attendre le dix-neuvième siècle pour que les traducteurs de la Bible commencent à corriger ces versets. Vous pourrez voir sur la page suivante une partie du manuscrit original écrit de la main de Newton, reproduite avec l’aimable autorisation de la Bodleian Library d’Oxford.
Pourquoi Newton n’a-t-il pas publié toutes ces découvertes de son vivant ? Il suffit de se replacer à l’époque pour le comprendre. En Angleterre, les gens qui écrivaient contre la trinité faisaient alors l’objet de poursuites. Jusqu’en 1698, à cause d’une loi contre le blasphème et l’impiété, nier que l’une des personnes de la trinité fût Dieu était un délit puni par la perte de ses fonctions, de son emploi et de ses bénéfices, et la prison en cas de récidive. En 1711, William Whiston, traducteur des œuvres de Josèphe et ami de Newton, perdit sa chaire à Cambridge pour ce motif. En 1693, la Chambre des Lords fit brûler un pamphlet contre la trinité et, l’année suivante, elle poursuivit en justice son auteur ainsi que l’imprimeur. En 1697, Thomas Aikenhead, étudiant de dix-huit ans accusé de nier la trinité, fut pendu à Édimbourg.
POURQUOI NEWTON REJETAIT LA TRINITÉ
Ses études scientifiques avaient amené Newton à considérer avec un profond respect le “Livre de la Nature” où il voyait la preuve de la création par Dieu, son grand Auteur. De plus, il croyait que la Bible est la révélation de Dieu, toujours en accord avec le témoignage de la création.
Pour Newton, la Bible était la pierre de touche en matière d’enseignement et de doctrine. Il montra clairement sa position au cours d’une discussion sur les croyances de l’Église. S’appuyant sur le huitième des trente-neuf articles traitant du credo d’Athanase, du credo des apôtres et du symbole de Nicée, voici ce qu’il déclara au sujet de l’Église anglicane : “Elle ne nous demande pas de les accepter sur l’autorité des conciles généraux, encore moins sur celle des synodes, mais uniquement parce qu’ils sont tirés des Écritures. L’Église ne nous donne-t-elle pas le droit de les comparer avec la Bible pour voir comment et dans quel sens on peut les accepter ? Et si nous ne suivons pas le raisonnement, nous ne pouvons nous fier à l’autorité des conciles et des synodes.”
Sa conclusion était encore plus nette : “Même les conciles généraux se sont trompés et peuvent se tromper en matière de foi. Ce qu’ils jugent indispensable au salut n’a de valeur et d’autorité qu’autant qu’ils s’appuient sur la Sainte Écriture.”
Avant tout, Newton rejetait la trinité parce qu’il n’avait pu vérifier dans les Écritures la véracité de cette doctrine soutenue par les credo et les conciles.
Newton était fermement convaincu qu’on pouvait éprouver la valeur des arguments par la logique. D’après lui, rien de ce que Dieu a créé n’est sans dessein ni sans raison ; donc les enseignements de la Bible devraient s’appuyer, eux aussi, sur la logique et sur la raison. Il déclara au sujet des écrits de l’apôtre Jean : “Je lui rends cette justice qu’il écrivait avec jugement ; et je considère donc le bon sens qui lui est propre comme la meilleure des choses.” Newton donnait une autre raison pour laquelle il rejetait la trinité : “L’homoousion [doctrine selon laquelle le Fils serait consubstantiel au Père] est inintelligible. Depuis le concile de Nicée on n’y a jamais rien compris. Or, ce qui ne peut se comprendre ne relève pas de la croyance.”
Dans un autre manuscrit (Queries Regarding the Word Homoousios), Newton examine la trinité sous le même angle et s’interroge sur le mot homoousios, soulevant une troisième objection contre cette doctrine, à savoir qu’elle n’était pas enseignée par les premiers chrétiens. Les questions douze à quatorze soulignent qu’au premier siècle ce dogme n’existait pas. Voici leur énoncé :
“Question 12. La théorie de l’égalité des trois substances n’est-elle pas apparue sous le règne de Julien l’Apostat [361-363] grâce à Athanase, Hilaire, etc.?
Question 13. Le culte du Saint-Esprit n’est-il pas apparu sitôt après le concile de Sardes [343] ?
Question 14. N’est-ce pas le concile de Sardes qui, le premier, a proclamé la doctrine de la trinité consubstantielle ?”
Dans un autre manuscrit qui se trouve actuellement à Jérusalem, Newton résuma ainsi la réponse unique à toutes ces questions : “Les apôtres nous ordonnent (II Timothée 1:13) de tenir fermement le modèle des saines paroles. Lutter pour une profession de foi qui ne nous vient pas des prophètes et des apôtres constitue une infraction à cette injonction, et ceux qui l’enfreignent sont par là même coupables des désordres et des divisions qui en résultent. Il ne suffit pas de dire qu’on peut déduire un article de foi des Écritures, il faut aussi l’exprimer sous la forme même des saines paroles selon lesquelles les apôtres nous l’ont délivré.”
Ainsi, s’appuyant sur les Écritures, la logique et le véritable enseignement du christianisme primitif, Newton conclut qu’il ne pouvait admettre la doctrine de la trinité. Il croyait profondément à la souveraineté suprême de Jéhovah Dieu et au rôle joué par Jésus Christ, sans diminuer le Fils de Dieu ni l’élever à la position du Père. Discutant avec John Locke sur le texte de Daniel 7:9, il écrivit : “Où avez-vous pris que l’Ancien des jours est Christ ? Où voit-on Christ assis sur le trône ?” La conclusion de Newton est claire et, dans tous ses écrits, on voit très bien comment il envisage les relations du Père et du Fils. Ailleurs, il fait remarquer qu’on peut adresser ses prières à “Dieu au nom de l’Agneau, mais pas à l’Agneau au nom de Dieu”.
Écrits en latin et remplis de citations bibliques, les “Argumenta” sont peut-être le résumé le plus complet des idées de Newton contre la trinité. Il est particulièrement intéressant de lire les arguments quatre à sept :
“4. Puisque à un moment donné Dieu a engendré le Fils, celui-ci n’existait pas de toute éternité. Proverbes 8:23, 25.
5. Parce que le Père est plus grand que le Fils. Jean 14:28.
6. Parce que le Fils ignorait sa dernière heure. Marc 13:32 ; Mat. 24:36 ; Rév. 1:1 ; 5:3.
7. Parce que le Fils a reçu toutes choses du Père.”
La lecture des ouvrages religieux de Newton ne manque pas de nous impressionner par leur profondeur et nous révèle la puissance de pénétration et de réflexion de ce savant, son érudition extraordinaire et son intelligence des langues originales dans lesquelles la Bible a été écrite. Les conclusions qu’il tire sur la trinité forcent donc notre respect et notre estime, même s’il ne s’est pas senti tenu de les publier de son vivant.
Aujourd’hui nous avons encore plus de documents à notre disposition que Newton. Nous devrions donc examiner, comme lui, nos croyances, en raisonnant toujours essentiellement sur les preuves tirées de la Parole de Dieu, ce qui édifiera en nous une foi solide, conforme à l’enseignement du christianisme primitif.
SERIEZ-VOUS prêt à sacrifier votre carrière à vos convictions? C’est ce qu’a fait William Whiston.
Au début du XVIIIe siècle, Whiston est devenu un théologien contestataire lorsqu’il a exprimé son désaccord avec l’enseignement de l’Église d’Angleterre. En conséquence, il a fini par être taxé d’hérésie. Ses idées lui ont valu des railleries, mais aussi le respect.
Qui était William Whiston? Quelle œuvre a-t-il accomplie?
Un bibliste
William Whiston était un brillant confrère d’Isaac Newton à l’université de Cambridge. Si vous consultez l’édition anglaise des œuvres de Flavius Josèphe, historien juif du Ier siècle, il est fort probable qu’il s’agisse de la traduction de Whiston, publiée en 1736. Il existe bien sûr d’autres traductions, mais la sienne est restée exceptionnelle par son érudition, ses notes et ses commentaires; du reste elle est toujours imprimée. Nombre de personnes la considèrent comme le chef-d’œuvre de Whiston.
Il ne faut cependant pas négliger le Nouveau Testament primitif, la traduction anglaise que Whiston a faite des Écritures grecques chrétiennes. Lorsque cet ouvrage a été publié en 1745, Whiston avait déjà 77 ans. Il a traduit les quatre Évangiles et les Actes des Apôtres à partir du Codex Bezae; les lettres de Paul d’après le Codex de Clermont; pour les autres livres de la Bible, dont la Révélation, il a consulté l’Alexandrinus. Whiston a pris soin d’omettre la portion douteuse qui apparaît en 1 Jean 5:7 dans certaines versions. Il avait choisi le texte grec de ces trois manuscrits anciens qu’il considérait comme les plus fiables à l’époque.
Manifestement, c’est l’amour de la Bible qui a motivé Whiston. Le déisme, qui prédominait alors, enseignait que la croyance en Dieu ne pouvait être fondée que sur la raison. D’après le livre William Whiston: un newtonien sincère (angl.), Whiston, lui, soutenait avec conviction “un point de vue traditionnel sur la Bible, seule source infaillible d’histoire ancienne”. Le terme “newtonien” fait référence à Isaac Newton, le célèbre auteur des Principia, ouvrage où il expose la loi de l’attraction universelle. La pensée de Newton a profondément influencé William Whiston. Comment?
Des personnalités contrastantes
William Whiston est né en 1667; son père était pasteur de l’Église d’Angleterre. En 1693, après avoir été nommé pasteur, il est retourné à l’université de Cambridge où il a étudié les mathématiques et est devenu assistant de Newton. Des liens étroits se sont tissés entre eux. Lorsque, environ trois ans après, Newton a renoncé à son poste de professeur de mathématiques, il a veillé à ce que Whiston soit nommé à sa place. Poursuivant la même carrière, Whiston enseignait l’astronomie et les mathématiques; toutefois, sous l’influence de Newton, il s’est intéressé de plus près à la chronologie et aux doctrines bibliques.
Newton était un homme pieux. Il croyait fermement en la promesse biblique d’un Millénium, aussi a-t-il beaucoup écrit sur les prophéties de Daniel et de la Révélation. Toutefois, ses écrits n’ont guère paru de son vivant. Il rejetait la doctrine de la Trinité; pourtant, au moment de publier les preuves qu’il avait rassemblées pour réfuter cette doctrine, “Newton a battu en retraite de peur que ses idées antitrinitaires ne soient connues”, signale The New Encyclopædia Britannica. Dans Isaac Newton, historien (angl.), F. Manuel fait ce commentaire: “Le groupe de Newton taisait ses opinions ou mettait un frein à son enthousiasme. (...) Tandis que Newton gardait le secret, Whiston, lui, publiait ses idées sur les toits.” Ces deux hommes avaient des personnalités contrastantes.
L’ostracisme
En juillet 1708, Whiston a écrit aux archevêques de Cantorbéry et d’York pour demander instamment une réforme du dogme de l’Église d’Angleterre, étant donné que la doctrine de la Trinité, définie par le symbole d’Athanase, était erronée. Naturellement, on lui a conseillé de se montrer prudent. Cependant, Whiston a persisté, car, a-t-il déclaré, “j’ai étudié ces questions à fond et je suis absolument convaincu que l’Église est depuis longtemps victime de grossiers mensonges; et si par la grâce de Dieu c’est en mon pouvoir, elle ne le sera guère plus longtemps”.
Si Newton craignait pour sa position sociale et sa carrière universitaire, Whiston, lui, n’avait aucune appréhension. Après avoir défini ses convictions antitrinitaires, il a écrit une brochure où il exposait ses idées. Toutefois, en août 1708, l’université de Cambridge refusait l’imprimatur de cet ouvrage, jugé hétérodoxe.
En 1710, Whiston a été accusé d’enseigner une doctrine contraire aux croyances de l’Église d’Angleterre. Il a été déclaré coupable, destitué de son professorat et renvoyé de Cambridge. Cependant, malgré les poursuites judiciaires engagées contre lui durant les cinq années suivantes, Whiston n’a jamais été convaincu d’hérésie.
Newton partageait les idées antitrinitaires de Whiston; pourtant, il n’a jamais pris la défense de son ami et a même fini par le renier. En 1754, 27 ans après la mort de Newton, on publiait enfin ses écrits bibliques dénonçant la Trinité. Mais pour Whiston, qui s’était éteint deux ans plus tôt, c’était trop tard.
Newton aurait également compromis l’entrée de Whiston à la Société royale de Londres. Mais Whiston ne s’est pas découragé pour autant. Il est parti vivre à Londres avec sa famille, où il a fondé une Société encourageant le retour au christianisme primitif. Il s’est entièrement consacré à l’écriture, et a rédigé La renaissance du christianisme primitif, en quatre volumes, son œuvre maîtresse de cette période.
Polémiste jusqu’à la fin
Whiston, qui était aussi un scientifique, a recherché différents moyens permettant aux navigateurs de calculer la longitude en mer. Même si ses idées n’ont pas eu de succès, sa persévérance a néanmoins permis l’invention du chronomètre de marine. Whiston, comme ses contemporains, s’est souvent trompé en interprétant les prophéties bibliques; néanmoins, il ne s’est épargné aucun effort dans sa recherche de la vérité. Ses opuscules sur l’orbite des comètes et ses postulats sur les conséquences du déluge figurent parmi ses nombreux ouvrages pour la défense des vérités scientifiques et bibliques. Les livres qu’il écrivit pour réfuter la doctrine de la Trinité sont toutefois supérieurs à toutes ses autres œuvres.
Fidèle à lui-même, Whiston s’est retiré de l’Église d’Angleterre en 1747. Son départ a été à la fois littéral et symbolique, car il est sorti de l’église au moment où le pasteur a commencé à lire le symbole d’Athanase. La Religious Encyclopædia écrit à propos de Whiston: “On ne peut qu’admirer la franchise et la sincérité viriles du personnage, sa constance et sa droiture.”
William Whiston estimait qu’on ne pouvait pas transiger avec la vérité; il attachait plus de prix à ses convictions personnelles qu’aux éloges et aux honneurs. Malgré son esprit de controverse, Whiston était un bibliste sincère qui a soutenu sans crainte la Bible comme étant la Parole de Dieu. — 2 Timothée 3:16, 17.